Vidéo. A quoi va bien pouvoir servir Stratolaunch, le plus grand avion du monde?

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Le Stratolaunch a décollé pour la première fois.

L’avion de 117 mètres d’envergure est entré dans le livre des records avec son premier vol samedi 13 avril. Mais l’avenir de cet appareil unique, dédié à envoyer des fusées en orbite, est plus qu’incertain.

Y’a t-il une malédiction qui pèse sur les prétendants au titre du plus gros avion au monde? L’immense Stratolaunch, dont l’envergure dépasse de presque 50% celle d’un A380, aura-t-il une carrière commerciale plus réussie que celle du gros-porteur européen, dont Airbus a arrêté la production en février 2019? Finira-t-il au fond d’un hangar après son premier vol, comme le Spruce Goose du milliardaire américain Howard Hughes, précédent détenteur du record de la plus grande envergure au monde?


Stratolaunch First Flight

Les Britanniques n’eurent pas beaucoup plus de succès avec leur projet de plus gros avion de ligne dans les années 1940, le Bristol Brabazon, dont l’envergure dépassait celle d’un 747 mais qui ne trouva jamais d’acheteur et ne dépassa jamais le stade de prototype.

L’avenir de Stratolaunch est plus qu’incertain depuis le décès en 2018 de Paul Allen, cofondateur de Microsoft, qui avait financé cette entreprise dont l’objectif est toujours de réduire le coût de l’accès à l’espace. L’idée de départ était de gagner de la performance et de la souplesse d’emploi en lançant une fusée depuis une altitude de 10km.

C’est pour cela que les ingénieurs américains ont construit l’avion Stratolaunch, en cannibalisant de nombreux éléments de deux Boeing 747-400, dont six réacteurs, les trains d’atterrissage, le cockpit et l’avionique. Le reste de la structure, avec deux fuselages symétriques et des ailes immenses, a été réalisé à Mojave en Californie par Scaled Composites, entreprise légendaire pour la fabrication d’avions spéciaux en fibre de carbone.


Les deux pilotes et l’ingénieur de bord sont dans le fuselage de gauche, celui de droite n’étant pas occupé. 


Les deux fuselages doivent permettre d’emporter sous l’aile centrale une fusée puissante, d’une masse allant jusqu’à 226 tonnes, afin d’envoyer des gros satellites en orbite. Au départ, en 2011 cette fusée devait être fournie par l’entreprise SpaceX d’Elon Musk. Mais voyant que le projet demandait de trop importantes modifications pour que la fusée puisse être emportée par un avion, SpaceX abandonna le projet fin 2012.

Stratolaunch se tourna alors vers Orbital ATK pour développer une version plus puissante de sa fusée Pegasus, qui est déjà lancée sous la carlingue d’un triréacteur Lockheed L-1011. Mais cette version, Pegasus 2, fut elle aussi abandonnée en 2016, laissant une nouvelle fois Stratolaunch sans passager.

Un gain de performance trop réduit

Sur le papier, l’idée d’éviter les frottements des couches les plus basses de l’atmosphère et de faire décoller une fusée avec de la vitesse à haute altitude est très séduisante. Malheureusement, l’avantage en performance par rapport à un lanceur qui décolle depuis un pas de tir à la verticale ne dépasse pas les 10%. Un gain finalement minime, qui ne semble pas intéressant quand on prend en compte les coûts d’opération d’un avion porteur géant. De plus la capacité d’emport de 220 tonnes ne permet pas d’envoyer dans l’espace une fusée aussi puissante que le lanceur européen Ariane 5 (750 tonnes), ou même l’américain Falcon 9 (550 t).

Plusieurs prétendants au titre du plus grand avion au monde:
Pour l’envergure: Stratolaunch, 117 m.
Pour la masse totale au décollage: Antonov An-225, 640 tonnes.
Pour la longueur: Antonov An-225, 84 m.
Pour le nombre de passagers: Airbus A380-800: 850 passagers max.

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